Audrey Gaisan

Au travail - ANNULÉ

20 avril

› 30 avril

COVID-19 : la situation actuelle nous contraint à annuler l'accueil de cette artiste au travail

fougères

Je vais venir travailler fougère, avec Eric Yvelin et mon fils Gaston. Nous allons faire fougère. Une danse seule.
Je ne travaille qu’in situ, de façon empirique. Avant le travail sur place il n’y a donc que la préparation. Je me prépare en m’inventant des définitions/postulats de départ :

PRATIQUES ARTISTIQUES : L’acquisition et la transformation de caractères et de comportements héréditaires au contact de l'homme.
SPECTACLES : Processus par lequel des êtres vivants s'adaptent à un habitat crée à leur intention par l'Homme.
POLITIQUES : Processus qui amène une espèce sauvage sous gestion humaine.
MOUVEMENTS : Processus par lequel des modifications de fréquences de gènes sont obtenus quand une population est soumise à une pression de sélection.
CHOREGRAPHIES : Acquisition, perte ou développement de caractères, résultant d'un contrôle et d'une sélection de la part de l'Homme.

Le langage, le tissus de mots que nous allons partager au travail est essentiel, il s’invente au fur et à mesure que nait la danse. Je vais chasser les mots, les faire apparaitre en les traquants pour qu’ils disparaissent.
Faire fougère c’est tenter la saisi de l’invisible. Nous avons oublié l’invisible. C’est saisir l’invisible force qui nous fait danser, regarder le « site 0 ».
Je vais travaillé avec ma famille car il me semble qu’il faut être ensemble pour fougère. Ensemble pour parler tissus, sémiologie, chasse, domestication, surréel, dinosaure, textile… Découvrir notre âge, entendre les sons disloqués dans nos têtes, écouter la musique et voir la danse.

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Audrey Gaisan

Interprète pour de nombreux chorégraphes dont Yasmine Hugonnet, Rémy Héritier, Jennifer Lacey, Loïc Touzé, Martine Pisani, Latifa Laâbissi, Mark Tompkins, Boris Charmatz, Julie Nioche, Catherine Contour, Alain Michard, Olivia Grandville, Emmanuelle Huynh, Clara Cornil et David Subal, Yaïr Barelli.
Elle signe avec Jennifer Lacey et Barbara Manzetti la pièce I Heart Lygia Clark, ce travail explore notamment le potentiel de la thérapie comme pratique artistique (2010)
Elle joue avec Jeune Fille Orrible (musique), «Principe d'infamie lyrique» qui manipule et élabore du bruit acoustique sans sonorisation (2009-2018)
Lauréate du programme « Hors les Murs » de l’Institut français en 2012 pour son projet How many dogs in New York.
Pratiquer la figure du chien comme métaphore d'une domesticité implicite au métier d'interprète et à la danse. Qu'est ce que la domestication d'un travail en général ? Ecrire une langue, une danse, comme à la fois sophistication et archaïsme de la relation.
Travailler le cadre et les territoires de la danse, la transformation, la "clandestinité", l'extraction et le déplacement. Roder et creuser un trou. Être un chien, dans une ville-meute.
Fouiller les enjeux et implications d'une physicalité particulière de la relation et d'une domesticité quelle qu'elle soit, en rapport à une démarche et savoir-faire singulier d'une danseuse.
Comment saisir et incarner cette posture en tant que telle. Comment affranchir la relation. Comment l'étendre à tous les niveaux de la production d'une forme.

Elle invite le musicien Eric Yvelin à partager son processus pendant quelques semaines, plusieurs formes de ce travail avec lui ont vu le jour depuis : le duo Combien de chiens aux Laboratoires d’Aubervillier (2014), la performance Two many dogs à la Ménagerie de Verre (2015).