Martina Musilova

Au travail

25 avril

› 29 avril

Martina Musilova

Il vous reste 15 secondes (titre de travail)

« Les chercheurs ont poussé l’expérience plus loin pour voir si les participants préféraient faire quelque chose de désagréable - comme de recevoir une décharge électrique par exemple - plutôt que de rester seuls dans le silence. Tous avait subi en amont un choc électrique pour qu’ils sachent exactement le mal ce que ça leur ferait. Et c’était douloureux. Malgré cela, la moitié des participants a appuyé sur le bouton qui envoyait une décharge électrique pour faire passer le temps plus vite. Être seul avec ses pensées pendant un quart d’heure était apparemment si insupportable que cela avait poussé de nombreux participants à se faire envoyer une décharge électrique alors qu’ils avaient peu avant payé pour y échapper. Dans sa frénésie d’échapper à l’ennui, l’un des participants a appuyé pas moins de cent quatre vingt dix fois sur le bouton qui déclenchait la décharge électrique.
Selon Pascal, la fuite constante que nous pratiquons pour échapper à nous-même est une réalité si brutale que nous autres hommes évitons d’y penser. Nous pensons à autre chose. »
(Erling Kagge)

Jusqu’où peut-on rester silencieux face à une avalanche, jusqu’où peut-on supporter le bruit sourd qui nous empêche de voir clair, quels seraient les gestes qui révéleraient les présences de nos existences tétanisées...
Combien de temps doit-on frapper à la porte pour être entendu ? Il y a ceux qui défoncent la porte en tapant très fort et ceux qui essaient de faire passer la main sensible par la fenêtre. Faire son choix. Ce n’est qu’une question de bon timing. Mais entre les doigts cassés près du paillasson ou la main coupée sous la fenêtre, il y a encore tellement de strates à imaginer...

Dans ce projet nous chercherons à faire déplacer nos seuils, quelque part entre les écologues acoustiques et les dj en mode edging. Quel corps construit-on face à l’absence, quel corps aurait-on construit si on avait su à temps... 

Martina Musilova

Après sa formation d’artiste chorégraphique au CNDC d’Angers, elle poursuit avec le Master 2 en Danse à l’Université Paris 8 où sa recherche concernait la question des textes critiques en tant que « partitions à délirer ». 
Elle a pu collaborer aux projets et performances divers allant du plateau à l’espace de musées, galeries ou la rue. Mais plus qu’une importance donnée à l’endroit, c’était l’envie d‘ouvrir les horizons de perceptions, d‘aller au-delà d’«ici maintenant», qui comptait le plus pour elle. Comme interprète, elle a travaillé avec différents artistes tels que le metteur en scène Frédéric Bélier-Garcia, les chorégraphes Nick Cave, Olivia Grandville, les compagnies Willi Dorner, Volubilis ou les artistes visuels Liz Magic Laser, Florence Jung.
En 2017 elle obtient le Diplôme d’État de professeur de danse au CND à Pantin.
Depuis quelques années elle mène des ateliers variés auprès d'adultes et enfants en situation de handicap, de personnes âgées, etc. Aller à la rencontre de l’autre lui semble vital et donne du sens à sa vision de la danse comme moyen de partage du sensible. Laisser entrechoquer nos imaginaires les plus distants qu’ils soient ou qu’ils paraissent être, décloisonner des lieux en décloisonnant les corps, rendre le monde perméable à tous les niveaux de nos rapports.

Martina Musilova est accueillie dans le cadre des résidences croisées avec le PAD, Angers