Mathilde Papin

Au travail

3 oct.

› 7 oct.

Emile Bernard, La moisson d'un champ de blé, 1888

Trois Colliers (titre de travail)

La pièce Trois Colliers se propose de travailler avec la notion de « bricolage » sur plusieurs niveaux. Si le bricolage, c’est faire avec ce qu’on a sous la main, mélanger des matières hétérogènes, tordre un peu les choses pour qu’elles se conviennent les unes aux autres, alors, il existe aussi des activités bricolées, des discussions bricolées, des mouvements bricolés, des coutumes bricolées.

On pourra par exemple combiner des pratiques gestuelles existantes en une seule : faire à la fois du bricolage (déplacer, lier, emboîter) et des gestes chorégraphiques (aussi bien oratoires, figuratifs ou abstraits). On pourra prélever des éléments dans nos « coutumes » ; dans les plus quotidiennes (se saluer, se parler, se faire une blague) comme dans les plus rares (monter une kermesse, chanter en choeur, se faire une blague).

La notion de bricolage nous invite à travailler avec des objets, de ceux qu’on garde dans un coin « parce qu’ils peuvent toujours servir ». Alors, par exemple, des petites chutes de bois, aux formes géométriques, s’intègreront à des interactions inventées. C’est là où la fiction apparaîtrait : on pourra faire comme si nous étions une culture crédible avec des coutumes inventées.

Dans la vraie vie, autant qu’on veut, après tout, faire proliférer, on pourrait, des coutumes, qui délogent, comme sous l’effet du rire, dans le cerveau, quelques os.

BIOGRAPHIES

MATHILDE PAPIN est chorégraphe et danseuse. Formée au cirque et à la danse (Fratellini, ACTS) et à la philosophie à la Sorbonne, elle fait aussi des recherches phénoménologiques et anthropologiques autour de le danse et de la performance. En 2019, elle fonde la compagnie RIVE avec Emma-Rose Bigé. Elle enseigne la danse et organise des laboratoires autour des scores, des partitions et des jeux dont elle se sert pour chorégraphier.
Entre 2018 et 2021, elle co-chorégraphie SEREIN avec le musicien Rémi Blanes et les interprètes Arthur Amard et Daphné Achermann. Elle co-traduit avec Emma-Rose Bigé le livre "Toujours plus que un" de la philosophe Érin Manning et publie un article de philosophie dans « Pour un atlas des figures ». Elle écrit par ailleurs de la poésie, deux textes sont en cours de publication.

PAULINE WEIDMANN a d’abord fait des études de géographie et de sociologie adressées aux territoires. En passant par des structures d’éducation populaire, acteurs des campagnes (l’Afip et les Crefad) elle se forme et intègre des méthodes qui s’efforce de faire percoler la langue depuis des récits de maintenant, des groupes, des gens.
Elle intègre au départ la FAAAC (formation  autogérée aux arts et à la création) et se met à l'organisation autogérée d’un cycle de laboratoires de pratiques d’écritures corporelle et poétiques. Elle commence  alors à épaissir puis à transmettre des vocalités, la voix parlée chantée, pratique qu’elle manie comme une manière de dire. 
C'est en 2015 qu'elle monte l'Enracinée,  une compagnie terreau où s'invitent des recherches collectives et individuelles ouvertes à la question du milieu, du lieu et des sociologies de terrain. Elle collabore avec des artisanats distincts et fabrique les cadres pour que se rencontrent les gens.

CORENTIN LE FLOHIC glisse d’abord de l’illustration vers le croquis, la performance et le montage vidéo à l’université de Rennes. Suivent 3 formations en danse, académiques et expérimentales : Hallet-Eghayan, CDC Toulouse, CNDC Angers. Durant ces années il développe une pratique vocale autodidacte, poursuivie avec le coaching Haim Isaacs, Myriam Djemour, Roméo Agid, Jean-Baptiste Veyret-Logerias.
Depuis 2011 il travaille comme interprète, assistant et regard extérieur, naviguant du contemporain vers le buto, le baroque, le (post)moderne, la notation, la pop, le cabaret, la psychologie, la technologie : Tino Seghal, Ko Murobushi et Carlotta Ikeda, Dominique Brun, Pauline Simon, Lina Schlageter, Roméo Agid, Béatrice Massin, Ambra Senatore, Loïc Touzé, Madeleine Fournier. Entre 2017 et 2022, il crée BACK PLAYER, une série de pièce performatives dont Éternelle Flamme et Incrust Extase, je suis désolée.