Sarah Pellerin-Ott

Au travail

14 mars

› 18 mars

Johanna Elalouf

La Flemme

La danse que nous écrivons est celle d’une escalade. Nous composons à travers le vide, sans cesse en conversation avec la possibilité d’un appui manqué, d’un détail du corps mal engagé. Nos appuis sont, sans hiérarchie, ceux de la terre, de l’air et ceux de l’intérieur du corps. Le corps aussi, est sans hiérarchie. Chacune de ses parties coexistent, dans un rapport similaire, avec l’environnement. Nous allons lentement pour chercher de nouveaux chemins. Le déplacement d’un bras convoque celui du dos. Le relâché d’un muscle produit l’affaissement d’une masse, qui produit le glissement d’un membre, qui produit un nouvel appuis au sol et ainsi de suite. Comment ce qui s’engage à l’intérieur modifie l’extérieur et inversement. Nous brassons de l’air à hauteur de terre. Nous voyageons entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Nos os porteurs de continents. La tectonique des plaques laissant émerger nos articulations. Comment nous pouvons disparaître, rester discrètes dans le paysage, comment nos présences le révèlent, comment nous dilater au point de nous effacer. 
La Flemme est une danse imaginée comme un seul et long mouvement à l’image d’une poussée végétale, dans laquelle la lenteur serait le point de rencontre possible entre l'immobilité apparente et la motilité permanente. De l’immobilité du gland, trouver les racines du chêne. Prendre goût à végéter.

Sarah Pellerin-Ott

Sarah Pellerin-Ott se forme au CNR d’Angers, au CNDC et au CDC de Toulouse. Elle débute son parcours d’interprète auprès de Sylvie Pabiot et Michel Tallaron. Entre 2006 et 2012, elle intervient dans différentes structures françaises à l'étranger, notamment en Cisjordanie, en Asie Centrale et dans le Caucase, pour transmettre l’expérience de la danse contemporaine. En tant qu’auteure, elle publie, à partir de 2009, quelques textes dans différentes revues de poésie et s’entraine à des performances poétiques en public. Elle crée Marches en 2010, en collaboration avec cinq musiciens, une pièce sonore dans laquelle le texte est lu et la musique improvisée. Reliant sa pratique de l’écriture à celle du mouvement, elle crée Fertiles fantaisies en 2013, à l'occasion de la semaine de la francophonie, avec le soutien de l’Institut Français de Géorgie et l’Ambassade de France d’Arménie. En 2016, Sarah débute l’étude du Body-Mind Centering®. En 2017, elle participe à la création de Loin de la Débordante Compagnie et collabore en 2018 avec le créateur sonore Matthieu Delaunay pour le projet 180°, ethnologie sonore du milieu de l’élevage. Depuis 2010, Sarah co-dirige le collectif EDA aux côtés de Jonas Chéreau et de Maude Albertier. Ensemble, ils créent TROIS en 2015, puis Nos futurs, en 2018 et prochainement, Adulte ? en janvier 2022.