Stéphane Menti

Le Grand HUIT - HONOLULU

6 déc.

19h45

Cindy Séchet / stéphane Menti

CAT

Il est debout, et en face de lui, il y a un public assis. Il a l’intention de parler de là d’où il vient. Ne pas savoir dire, ne pas oser dire, ne pas savoir si c’est juste de dire, croire qu’on a pas le droit de dire sont des expériences communes à sa classe sociale d’origine. L’art permet presque tout, en tout cas de raconter sa vie, quelque que soit cette vie. L’impossibilité à cette vie d’être racontée dans son espace d’origine est ce qu’il a envie de raconter.

CAT est poétique, c’est à dire commun, connu, partagé, presque banal, et pourtant procurant un fort sentiment d’étrangeté. CAT, c’est l’autre, un.e ami.e, une connaissance, un.e collègue. CAT est l’histoire de cet autre, une histoire dont on ne se doutait pas, dont on n'envisageait pas l’existence.

Cat situe son domaine de recherche sur la question du transfuge social, en traçant tout particulièrement des axes autour de la langue, du langage et de la parole.
A la question sans réponse posée entre autres par Annie Ernaux, Bourdieu, Didier Eribon et Edouard Louis « Peut-on parler des dominés en utilisant une autre langue que celle des dominants? » CAT fait crânement l’hypothèse que oui, grâce aux outils qu’offre la scène, la chorégraphie et le cinéma.

De la scène, il y a la situation : une personne seule est devant un groupe de personnes silencieuses.

Du cinéma, CAT s’est construit à l’aide de la règle dictée par Jean-Luc Godard 1+1=3.
Une image + une autre image = une troisième image.
1 image d’une voiture qui roule vite + 1 image d’ enfant qui traverse la route = 1 image d’un enfant mort écrasé par une voiture.
Cette image est présente malgré son absence. C'est une image suspendue, une image qui n’a pas de réalité matérielle, et qui peut donc à tout moment changer, se mélanger avec une autre, s’oublier, disparaitre … CAT est en recherche de ces suspensions, car il veut dire des choses sans les dire.

De la chorégraphie : 1 cinéma +1 scène = 1 chorégraphie

Stéphane Menti

Né à Grenoble, Stéphane Menti vit à Bruxelles. Il a étudié les arts appliqués, puis les arts contemporains avec l’obtention d’une licence à l’école supérieure d’art et design de Grenoble-Valence, suivit d’un Master aux beaux-arts de Nantes (2013). En 2016, il sort de la formation chorégraphique ISAC - Académie Supérieure des Arts et des Chorégraphies de Bruxelles.
Il a été interprète pour Olivia Grandville, Albert Quesada, Louise Vanneste, Colyne Morange. Il a officié au sein du groupe de recherche Ruser l’image avec, entre autres, Latifa Laâbissi et Isabelle Launay.
En 2019, il fonde le Collectif BAAL, avec Cindy Séchet et Louise doumeng. Avec Cindy, ils travaillent sur le projet La salle des fêtes, en partenariat avec la commune de Bruxelles-Capitale. En parallèle, ils organisent et travaillent autours de la scène ouverte/Slam du Théâtre de la Vie à Bruxelles, avec entre autres la conception d’un film documentaire.

Crédits

Conception et chorégraphie : Stéphane Menti
Conseil artistique, regard extérieur : Louise Doumeng, Catalina Rincon Gille, Ondine Cloez, Alice Gautier.
Ce projet est porté par le Collectif BAAL
Soutien à l’accueil : ORO-Honolulu (Nantes), Théâtre de la Vie (Bruxelles), Ferme de Quincé (Rennes)

Informations pratiques

Lieu de la représentation : Honolulu
9 rue Sanlecque 44000 Nantes
Durée : 40 minutes

Places limitées
Entrée libre sur réservation
au 02 85 52 17 46 ou par mail à honolulu@oro.fr